Shakers, poudres et préparations pour développer les muscles ou diminuer la masse grasse : ces produits ne sont pas tous anodins. En juillet 2024, l’Anses a fait état de 154 nouveaux signalements d’effets indésirables recueillis depuis 2016, dont des cas très graves.
Ce que représente ce bilan
La période étudiée allait jusqu’à février 2024. L’agence mentionnait 18 cas très graves, avec notamment deux décès et quatre situations où le pronostic vital avait été engagé. Ces chiffres concernent des signalements associés à des compléments et aliments enrichis pour sportifs.
Ils ne doivent pas être présentés comme une fréquence parmi tous les pratiquants. Le nombre total de consommateurs exposés n’est pas fourni par ce bilan. De plus, une déclaration est analysée pour apprécier le lien possible avec le produit : le mot signalement conserve son importance.
Le cumul complique la lecture
Une routine peut rassembler un produit de pré-entraînement, une préparation pour sécher et une autre pour récupérer. Même lorsque les noms commerciaux sont différents, certains ingrédients ou effets recherchés peuvent se recouper. Il devient alors plus difficile de comprendre l’exposition totale et d’identifier ce qui précède un symptôme.
L’Anses recommande de ne pas multiplier ces consommations sans avis adapté. L’achat sur un circuit peu identifiable et l’association à des médicaments ajoutent des questions qu’une simple comparaison des prix ne résout pas.
Une norme antidopage n’est pas une promesse de bénéfice
L’agence évoque la norme européenne EN 17444 pour limiter le risque de présence de substances dopantes dans les produits destinés aux sportifs. Cette référence ne doit pas être transformée en certificat d’efficacité ou en garantie d’absence de tout effet indésirable.
La décision de consommer un complément devrait partir d’un besoin identifié. L’image d’un athlète ou un programme de transformation ne suffit pas à démontrer qu’un produit sera utile à une personne qui débute ou reprend l’activité.
Une démarche plus facile à vérifier
Avant d’ajouter une nouvelle préparation, rassembler les étiquettes et les quantités réellement prises permet un échange concret avec un professionnel de santé. En cas d’effet inhabituel, signaler tous les produits aide aussi la vigilance sanitaire.
Ce bilan ne condamne pas l’entraînement ni tous les apports nutritionnels autour du sport. Il rappelle que la recherche d’une silhouette plus musclée ne dispense pas de regarder la composition. Une séance adaptée, une alimentation cohérente et une récupération suffisante ne devraient pas être reléguées derrière l’empilement de boîtes.
Sources et repères
- Anses : bilan publié le 17 juillet 2024
- Anses : recommandations sur les compléments pour les muscles et la masse grasse
Illustration générée par IA ; elle ne représente ni les personnes réelles citées ni le produit concerné.



