Le curcuma de cuisine et les extraits concentrés ne doivent pas être confondus. Dans une information publiée le 6 octobre 2026, l’autorité malaisienne NPRA rappelle le risque rare mais potentiellement grave d’atteinte hépatique associé à certains produits oraux au curcuma ou aux curcuminoïdes.
Une alerte qui distingue l’assiette du complément
La NPRA précise que son information ne vise pas les quantités habituelles de curcuma utilisées comme épice. Elle concerne des compléments et des produits naturels pris par voie orale. Cette limite évite de transformer une alerte de pharmacovigilance en mise en garde injustifiée contre un plat assaisonné.
L’autorité demande aux professionnels d’interroger les patients sur ces prises et de rester attentifs aux signes d’atteinte du foie. Elle mentionne notamment les nausées persistantes, une fatigue inhabituelle, les urines foncées et le jaunissement de la peau ou des yeux.
Des signalements existaient déjà en Australie
La TGA avait décrit en août 2023 dix-huit signalements de problèmes hépatiques chez des consommateurs de produits au curcuma ou à la curcumine. Neuf dossiers contenaient assez d’informations pour envisager un lien ; deux étaient sévères, dont un avec issue fatale.
Ces chiffres ne représentent pas le risque pour chaque utilisateur et ne signifient pas que les dix-huit événements ont été formellement causés par le curcuma seul. Certains produits associaient plusieurs ingrédients. L’autorité australienne souligne le caractère rare de l’effet et les questions posées par les formulations fortement absorbées.
Plus concentré ne signifie pas automatiquement préférable
La promesse d’une meilleure absorption peut sembler rassurante lorsqu’un produit est vendu pour les articulations ou le bien-être. Mais augmenter l’exposition n’est pas un bénéfice en soi : il faut aussi examiner les risques et l’utilité de la prise.
Comparer une gélule concentrée avec une pincée dans un repas en se fondant seulement sur le nom de la plante ne permet pas cette évaluation. Les compositions, les extraits et les associations diffèrent.
Quoi apporter à un professionnel de santé
L’étiquette complète, la durée d’utilisation et les autres médicaments ou compléments permettent une discussion plus utile qu’un simple « je prends du curcuma ». Un antécédent de maladie du foie mérite également d’être signalé avant toute nouvelle prise.
L’alerte d’octobre 2026 n’est pas une interdiction mondiale de la plante. Elle rappelle surtout une distinction pratique : un aliment traditionnel et un produit concentré ne sont pas interchangeables pour apprécier la sécurité. Une image naturelle sur le flacon ne dispense pas d’une vérification adaptée.
Sources et repères
Illustration générée par IA ; elle ne représente ni les personnes réelles citées ni le produit concerné.



