Une plante vendue pour accompagner la perte de poids reste écartée du marché français. La suspension des compléments contenant du Garcinia cambogia, décidée en 2025 après des signalements graves, a été renouvelée en avril 2026 pour un an.

Un dossier de vigilance, pas une rumeur sur les réseaux

L’Ordre national des pharmaciens rappelle que la mesure s’applique depuis le 18 avril 2026. Elle concerne l’introduction, l’importation et la mise sur le marché des compléments contenant cette plante ou des préparations issues de ses parties. L’annonce de 2025 ne doit donc pas être lue comme une alerte arrivée à expiration sans suite.

Dans un bilan publié en juillet 2025, l’Anses analyse les signalements reçus de 2009 à mars 2024. Sur 35 effets indésirables portés à sa connaissance, tous n’étaient pas suffisamment documentés pour être évalués. Parmi les cas analysés figuraient des atteintes hépatiques graves, dont une hépatite ayant conduit au décès.

Pourquoi les chiffres demandent de la précision

Un signalement n’est pas automatiquement une causalité certaine. L’Anses examine notamment la chronologie, les autres produits pris et les causes possibles. Plusieurs patients avaient consommé d’autres substances susceptibles d’affecter le foie. Cette complexité n’a pas empêché l’agence de conclure à un risque justifiant de déconseiller ces compléments à l’ensemble de la population.

Présenter les 35 déclarations comme 35 hépatites mortelles serait donc faux. À l’inverse, souligner les incertitudes de chaque dossier ne permet pas d’ignorer la conclusion sanitaire et la mesure de suspension.

Le mot naturel ne règle pas la question du risque

Le bénéfice recherché est souvent présenté de manière simple : diminuer la faim ou faciliter l’amaigrissement. Pour le consommateur, la question utile est aussi celle du rapport entre ce bénéfice attendu et les risques documentés. Une origine végétale ne répond pas à cette comparaison.

Un ancien flacon peut encore être présent dans un placard, même après une suspension de vente. Il faut vérifier la composition plutôt que se fier uniquement au nom commercial, car une même plante peut entrer dans des mélanges différents.

Si un produit en contient, demander conseil au pharmacien permet de vérifier la conduite à tenir et les rappels concernés. Une fatigue inhabituelle ou un jaunissement après une prise mérite une évaluation médicale. La priorité est alors d’apporter l’emballage et la liste des autres produits utilisés, plutôt que de chercher une nouvelle cure pour compenser.

Sources et repères

Illustration générée par IA ; elle ne représente ni les personnes réelles citées ni le produit concerné.