L’édition 2026 du classement mondial ACSM confirme une tendance de fond : les pratiques qui durent sont celles qui s’intègrent dans la vie quotidienne, loin des effets de mode. Technologies portables, programmes adaptés au vieillissement, entraînements fonctionnels ou accompagnement à distance : les usages concrets prennent le dessus sur les promesses spectaculaires.
Objets connectés : une adoption massive, des usages encore à structurer
Montres de sport, bracelets de suivi, capteurs de chute ou de glycémie : ces outils sont désormais largement intégrés dans la routine d’entraînement ou de santé. L’enquête note que près de la moitié des adultes américains utilisent un dispositif connecté. Leur présence ne fait plus débat. Ce qui évolue, c’est l’usage réel qu’en font les pratiquants.
Le rapport insiste sur un point clé : l’utilité des données dépend de leur fiabilité, mais surtout de la capacité à les interpréter. Le rythme d’innovation dépasse souvent la validation scientifique. Les professionnels doivent donc pouvoir faire le tri entre les fonctions pertinentes et les indicateurs peu fiables.
“Ce n’est plus une question de savoir si les gens vont porter ces appareils, mais comment les aider à en faire un usage utile.” – Cayla R. McAvoy, PhD, ACSM-EP
Programmes pour adultes âgés : participation en hausse, attentes spécifiques
Les données récentes montrent que les personnes âgées de 65 ans et plus sont désormais le groupe le plus actif en salle, selon le rapport IHRSA 2023. L’offre évolue : les intitulés “actif vieillissement”, “fonctionnel” ou “faible intensité” attirent davantage que les étiquettes “senior”.
Mais l’intérêt ne suffit pas. Ce public recherche des formats réellement adaptés : encadrement formé, accessibilité des exercices, progressivité. Ce qui fonctionne : renforcement musculaire, travail de l’équilibre, exercices de mobilité et cardio modéré.
“L’objectif est de maintenir les capacités nécessaires à la vie quotidienne.” – Jennifer Turpin Stanfield, MA, ACSM-EP
Exercice et gestion du poids : complément indispensable aux traitements

L’ACSM modifie l’intitulé cette année : “gestion du poids” remplace “perte de poids”, pour mieux refléter la diversité des objectifs (perte, maintien, voire prise de poids). L’évolution s’explique aussi par la généralisation des traitements pharmacologiques (comme les GLP-1), qui modifient la relation au poids corporel.
L’étude rappelle que seule l’activité physique permet de préserver la masse maigre pendant un traitement. Elle améliore également les résultats à long terme après l’arrêt du médicament.
“L’exercice est une composante fondamentale et irremplaçable d’un traitement durable.” – Alexios Batrakoulis, PhD, FACSM
Applications mobiles : un usage généralisé mais inégal
En 2024, plus de 345 millions de personnes ont utilisé une application de fitness, générant plus de 850 millions de téléchargements. Ces outils séduisent particulièrement les jeunes adultes, les femmes, les personnes diplômées et urbaines.
Leur efficacité dépend du design : rappels, suivi des objectifs, fonctionnalités sociales ou récompenses. Mais leur usage reste très variable. Les professionnels peuvent y voir un outil complémentaire, surtout pour structurer un programme à distance ou entretenir la régularité.
“Le potentiel est là, mais l’impact dépend de la qualité de l’engagement et du contenu proposé.” – Jennifer Turpin Stanfield
Entraînements autour du centre, de l’équilibre et du mouvement fluide
Les formats tels que Pilates, yoga, barre ou travail du tronc retrouvent une place centrale. Après un recul lié à la pandémie, ils reviennent comme composantes à part entière d’un entraînement complet. Améliorer la posture, renforcer le tronc, gagner en fluidité sont devenus des objectifs explicites.
Ces pratiques sont aussi valorisées pour leur rôle dans la prévention des blessures, notamment chez les personnes âgées, et pour leur impact mental positif.
“Ils permettent de renforcer la qualité du mouvement et d’offrir un accompagnement individuel même en groupe.” – Rachelle Reed, PhD, ACSM-EP
Santé mentale : moteur de la motivation, encore sous-estimé
Plus de 20 % des adultes déclarent un trouble de santé mentale chaque année. L’activité physique est perçue comme un levier efficace, avant même les objectifs esthétiques. Selon une enquête nationale citée par l’ACSM, 78 % des pratiquants évoquent le bien-être mental comme raison principale de leur engagement.
Les salles de sport mettent encore peu en avant cet aspect, pourtant documenté. La communication pourrait mieux refléter ce que recherchent réellement les pratiquants : stabilité émotionnelle, réduction du stress, renforcement de la résilience.
“L’exercice devient une stratégie prioritaire pour le mental, pas uniquement pour le corps.” – A’Naja M. Newsome, PhD, ACSM-CEP
Renforcement musculaire classique : toujours essentiel, toujours minoritaire
Barres, haltères, poids libres : malgré des effets prouvés sur la force, la densité osseuse et le métabolisme, cette pratique reste minoritaire. Moins de 30 % des adultes atteignent les recommandations.
Les freins sont connus : intimidation, accès limité, manque d’encadrement. Le rapport encourage à intégrer ce type de travail dans des formats plus abordables, collectifs, encadrés, accessibles, tout en valorisant les bénéfices concrets plutôt que l’apparence physique.
“C’est une méthode sûre, efficace et adaptée à tous, si elle est bien introduite.” – Alexios Batrakoulis
Technologie pilotée par les données : du chiffre à l’action
Le suivi de la variabilité de fréquence cardiaque, du sommeil ou du niveau de récupération permet d’ajuster l’intensité de l’entraînement au jour le jour. Selon l’ACSM, plus de 70 % des utilisateurs de dispositifs connectés utilisent les données pour modifier leur pratique.
Mais l’efficacité dépend de la capacité à transformer l’information en recommandations pratiques. Le rôle du professionnel est ici central : il faut interpréter, adapter, expliquer.
“Le défi est de rendre lisibles des données complexes pour construire un programme utile.” – Jessica Sansone, PhD
Clubs et sports adultes : bouger ensemble, sans objectif compétitif
Pickleball, course en groupe, sports loisir : ces formats offrent une entrée plus accessible dans l’activité physique, notamment pour les personnes peu actives. Ce qui attire : le lien social, le plaisir et une pratique régulière sans enjeu de performance.
Ces formes hybrides séduisent un public large, souvent éloigné des salles classiques. Elles permettent aussi d’entretenir la motivation dans le temps.
“Ces activités sont autant sociales que physiques.” – Cayla R. McAvoy, PhD
Entraînement fonctionnel : se renforcer pour mieux bouger
Le principe est simple : renforcer les capacités utiles dans la vie courante. Porter, se pencher, monter, se relever. Ces mouvements intègrent force, souplesse, coordination. L’intérêt dépasse largement la rééducation ou les personnes âgées : les sportifs aussi y trouvent un bénéfice direct.
Ce type d’entraînement favorise l’autonomie, réduit le risque de chute et développe l’efficacité des gestes. Il est modulable selon les âges et les objectifs, avec ou sans matériel.
“Ce n’est pas une mode, c’est une base durable pour tout programme de mouvement.” – A’Naja M. Newsome, PhD
Source principale : ACSM – Top Fitness Trends 2026
Données extraites de l’enquête annuelle publiée dans ACSM’s Health & Fitness Journal®, édition novembre/décembre 2025.
