Après l’arrêt des médicaments pour la perte de poids, la majorité des patients regagnent progressivement les kilos perdus. Ce phénomène, désormais bien documenté, confirme les limites de ces traitements lorsqu’ils sont utilisés seuls, sans accompagnement structuré.
Un effet rebond prévisible après l’arrêt du traitement
Les médicaments contre l’obésité basés sur les agonistes du récepteur GLP-1 agissent principalement en réduisant l’appétit et en modulant le fonctionnement du pancréas. Utilisés correctement, ils facilitent une perte de poids significative à court terme. Mais dès que le traitement est interrompu, l’appétit revient à la normale et les mécanismes de régulation physiologique reprennent leur place. Sans changement durable du mode de vie, le poids revient.
Le nutritionniste Fabio Mariniello rappelle que ces traitements « ne modifient ni le métabolisme de base ni les dépenses énergétiques » et qu’ils doivent impérativement être associés à une alimentation encadrée et à une activité physique régulière. Il précise : « J’ai vu des patients prendre du poids malgré le traitement ». En l’absence de contrôle des apports, l’efficacité du médicament est rapidement neutralisée.
Les données cliniques rejoignent celles d’une revue systématique publiée dans le BMJ (West et al., 2025), qui a analysé les résultats de 37 études impliquant plus de 9 300 participants. Cette analyse montre qu’après l’arrêt d’un médicament pour la gestion du poids, les patients reprennent en moyenne 0,4 kg par mois, avec un retour au poids initial environ 1,7 an plus tard. La reprise est encore plus rapide avec les molécules les plus récentes comme le sémaglutide ou le tirzépatide, atteignant 0,8 kg par mois.
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Ce qui permet réellement de consolider les résultats
Selon Mariniello, il n’existe pas de solution universelle ni rapide pour maintenir la perte de poids. Ce qui fonctionne, c’est la mise en place d’un cadre alimentaire stable, compatible avec le mode de vie de la personne, et une pratique physique régulière.
Il recommande un apport modéré en glucides, une bonne teneur en fibres et une consommation raisonnée de lipides de qualité. Il déconseille d’associer ces traitements à une diète très restrictive comme la VLCKD (diète cétogène très faible en calories), car l’effet combiné sur l’appétit est trop fort et difficile à stabiliser dans le temps.
L’enjeu est de trouver un rythme alimentaire viable, sans interdits excessifs, ni structure trop rigide, qui pourrait être abandonnée à la moindre difficulté.
Traitement médicamenteux ou méthode traditionnelle : quelles différences dans la durée ?

La revue du BMJ montre que la perte de poids initiale est plus importante avec un médicament qu’avec un programme comportemental (BWMP), mais que la reprise est trois fois plus rapide. Après un traitement médicamenteux, les patients reprennent en moyenne 0,4 kg par mois, contre 0,1 kg par mois après un accompagnement comportemental.
Chaque situation est différente, mais les profils les plus stables sont souvent ceux qui s’engagent dans une démarche globale, avec un suivi personnalisé. Certains patients réussissent à stabiliser leur poids après l’arrêt du médicament, mais cela reste une exception.
Mariniello souligne l’intérêt d’un accompagnement psychologique, notamment pour apprendre à identifier et à gérer les comportements alimentaires liés aux émotions. Ce travail réduit considérablement le risque de rechute.
Les ajustements qui comptent après la fin du traitement
L’arrêt du médicament ne signifie pas la fin des efforts. C’est souvent à ce moment que la vigilance doit s’intensifier. Les mécanismes de régulation de l’appétit reprennent, et l’organisation quotidienne devient déterminante.
Mariniello recommande une activité physique structurée trois à quatre fois par semaine, complétée par des efforts simples au quotidien : marcher pour les trajets courts, préférer les escaliers, éviter les longues périodes assises. « Si l’on dort 8 heures, que l’on travaille 8 heures, et que l’on passe 2 heures à table et dans les transports, il ne reste que quelques heures dans la journée. Ce temps doit être utilisé pour bouger. »
L’analyse du BMJ confirme que les bénéfices métaboliques obtenus pendant le traitement (glycémie, pression artérielle, cholestérol) s’estompent dans les 14 à 17 mois qui suivent l’arrêt du médicament, en parallèle de la reprise de poids.
À retenir : sans cadre alimentaire stable ni activité physique soutenue, les effets positifs de ces traitements ne se prolongent pas.
